Les nébuleuses de nos puzzles : ce que montrent vraiment les photos de la NASA
Dans notre galerie, 4 images ne sortent pas d’un ordinateur : ce sont de vraies photos de nébuleuses, publiées par la NASA. Que montrent-elles au juste ? Leurs couleurs sont-elles « vraies » ? Petite visite guidée, avec le crédit de chacune.


Une nébuleuse, c’est quoi ?
Une nébuleuse est un immense nuage de gaz et de poussière dans l’espace. Certaines sont des pouponnières, où le gaz se tasse jusqu’à former de nouvelles étoiles. D’autres sont des restes : le gaz qu’une étoile a soufflé en fin de vie, ou les débris d’une étoile qui a explosé. Elles sont si loin que leur lumière met des centaines ou des milliers d’années à nous parvenir. Nos photos montrent ces deux familles.
Les piliers de la création
Les piliers de la création sont des colonnes de gaz et de poussière de la nébuleuse de l’Aigle, où naissent des étoiles. Notre image est la version que le télescope spatial Hubble a prise en proche infrarouge, une lumière que nos yeux ne voient pas. Elle traverse en partie la poussière : les piliers deviennent des silhouettes sombres, et des milliers d’étoiles apparaissent derrière eux. Selon la NASA, le halo bleuté des bords est de la matière chauffée par un amas de jeunes étoiles, hors de l’image, qui s’évapore dans l’espace.
Les « falaises cosmiques » de la Carène
La nébuleuse de la Carène est l’une des premières images du télescope James-Webb, publiée le 12 juillet 2022. On croirait des montagnes sous un ciel étoilé : c’est le bord d’une immense cavité creusée dans le gaz par le rayonnement et le vent d’étoiles très chaudes, à environ 7 600 années-lumière. La « vapeur » qui semble monter des falaises est du gaz chaud qui s’échappe. Là aussi, la photo a été prise en infrarouge.
L’Hélice, ce qui reste d’une étoile
La nébuleuse de l’Hélice, à environ 650 années-lumière, dans la constellation du Verseau, est une nébuleuse planétaire : le gaz qu’une étoile semblable au Soleil a rejeté en fin de vie. Le petit point blanc du centre est ce qui reste de l’étoile, une naine blanche à peu près de la taille de la Terre. L’image réunit deux télescopes : Hubble pour la lumière visible, Spitzer pour l’infrarouge.
Le Crabe, une explosion vue en 1054
La nébuleuse du Crabe est le reste d’une supernova, l’explosion d’une étoile, que des astronomes chinois et japonais ont notée en 1054. Elle se trouve à environ 6 500 années-lumière. Notre image est une mosaïque de 24 photos prises par Hubble entre 1999 et 2000, publiée en 2005.
Et les couleurs, elles sont vraies ?
Oui et non. Un télescope ne photographie pas en couleurs comme un téléphone : il prend plusieurs images en noir et blanc, chacune à travers un filtre qui ne laisse passer qu’une sorte de lumière. Les astronomes donnent ensuite une couleur à chaque filtre pour les réunir. Pour le Crabe, le bleu des filaments extérieurs montre l’oxygène neutre, le vert le soufre ionisé, le rouge l’oxygène deux fois ionisé. Pour l’Hélice, le vert montre l’hydrogène ionisé, le bleu l’oxygène, le rouge l’hydrogène moléculaire vu par Spitzer.
En infrarouge, comme pour Webb, il n’existe même pas de « vraie couleur » : nos yeux ne voient pas cette lumière. On la traduit en couleurs visibles, en général du bleu pour les plus courtes longueurs d’onde au rouge pour les plus longues. Les couleurs ne sont donc pas inventées, elles codent une information ; mais personne ne verrait ces teintes à l’œil nu, même au bout d’un télescope.
Ce que nous avons retouché
Disons-le clairement : sur le site comme dans la collection HD, nous avons avivé les couleurs de ces photos et ajouté quelques points de lumière, les petites étoiles blanches à quatre branches. Ce sont donc des photos retouchées pour faire de beaux puzzles, pas des documents scientifiques. Les originaux sont libres d’accès sur la photothèque de la NASA (images.nasa.gov) : cherchez-les par leur nom.
La NASA publie ces images ; elle ne nous parraine pas et ne nous recommande pas. Son crédit est indiqué sous chaque image de la galerie.